aller à la navigation

10 Août 1792, la chute de la Monarchie ou quand le Peuple citoyen et souverain entre en insurrection. août 10 2010

Infos : , rétrolien

Par Darthé-Payan (Pour le Collectif Manifeste Jacobin Pour la République et le socialisme).

Bref rappel de la journée révolutionnaire du 10 août 1792, avec la prise du Palais des Tuilleries par le peuple sectionnaire, des sans culottes, de Paris aidé par les Fédérés de Marseille et de Brest. Il s’en suivra la création du Commune insurrectionnelle de Paris. L’Assemblée Législative sous la pression du peuple souverain et citoyen suspendra le roi et convoquera une Assemblée constitutionnelle qui prendra le nom de Convention nationale. La monarchie ne survivra pas au 10 août et le peuple souverain et citoyen élira la nouvelle Assemblée qui abolira le 21 septembre la Monarchie et le 22 septembre proclamera la République.

Ce que cette journée du 10 août peut nous enseigner, à nous républicains, socialistes et jacobins, c’est le peuple citoyen est toujours souverain et c’est lui qui a le dernier mot. Le Roi, les différents cabinets notamment Feuillants ne le comprendront qu’à leurs dépens. Le peuple citoyen de France est directement menacé par le Manifeste de Coblence signé par Brunswick le 25 juillet. Ce manifeste signé par le Commandant des Forces Austro-Prussiennes menace le peuple citoyen et souverain de Paris d’une « vengeance exemplaire et à jamais mémorable en livrant la ville à une exécution militaire et à une subversion totale ».

Le peuple citoyen affirme en cette journée du 10 aout 1792, sa pleine souveraineté politique et en insurrection pour obtenir que ce pouvoir souverain soit pleinement exercé et respecté. La Monarchie tombera faute de ne pas l’avoir compris. Ce peuple citoyen et souverain en insurrection fera l’Histoire et changera le cours de l’Histoire trois ans à peine après avoir fait une première fois l’Histoire en s’appropriant ce pouvoir d’insurrection, il permettra par la proclamation de l’Assemblée nationale constitutionnelle de rentrer dans le jeu. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, fera du peuple l’acteur essentiel de la Révolution en marche.

Cette commune insurrectionnelle permettra à la France de déboucher sur la République, de faire de l’Homme un citoyen et souverain libre, frère et égaux en droits.

Le retour à la pleine souveraineté du peuple citoyen est d’actualité.

Cette souveraineté conquise qui permis la chute de la Monarchie, son abolition et la proclamation de la République. La res publica – la chose publique – est une construction politique et humaine faite par le peuple citoyen et souverain en insurrection.

Aujourd’hui le peuple français et la République Française ont leurs souveraineté bafouée, niée enfoncée, petit à petit détruite par un ensemble de choses.

Il y a l’Union Européenne qui jour après jour remet en cause la pleine et entière souveraineté de notre pays et de notre peuple par des décisions bureaucratiques, a-démocratiques. On ne peut que citer deux dernièrs exemples : la mise sous tutelle des budgets des Etats-Nations et l’obligation de demander l’aval de la Commision de Bruxelles pour les plans de relances économiques (qui au passage sont petit à petit tous abandonnés) ce qui revient également à une mise sous tutelle des possibilités de se sortir de la crise économique par ces propres moyens nationaux et souverains. La commission de Bruxelles qui décident des lois françaises dans 80 % des cas (oui, 80 % des lois votées au parlement français sont des retranscriptions des décisions ou directives de la Commission de Bruxelles faites de manière bureaucratique et a-démocratique. Des exemples comme le Grand Marché Transatlantique ou les députés européens avalisent en se couchant devant la Commission Européenne des dispositifs et processus continentaux – qui ne permettront aucun retour en arrière. Ces dispositifs sont décidés dans le dos des citoyens.

Il y a aussi un certain pouvoir politique qui ne tient pas compte du suffrage universel. Là on passe outre le vote citoyen lors d’un referendum (29 mai 2005) ailleurs c’est carrément les votes aux élections qui sont forts peu pris en compte par un pouvoir présidentiel personnel et personnalisé à l’extrême.

Autres remises en cause de la souveraineté du peuple

Le système capitaliste transnational, apatride, qui fait du libre échange et de la concurrence libre et non faussée l’alpha et l’oméga de toute chose. Oui ce système qui transperce les Etats nations, les vassalisent et qui rend un peu plus encore serviles les peuples fait que la souveraineté est niée par ces puissances capitalistes qui ne font que créer de nouvelles prisons – nouvelles bastilles – pour les peuples citoyens et souverains. Quand les travailleurs, les salariés n’ont aucun droit dans l’entreprise et sont des nouveaux serfs qui devront s’affranchir pour conquérir la souveraineté et la citoyenneté partout et pour tous.

Autre remise en cause de la souveraineté du peuple les communautarismes et autres intérêts particuliers qui s’érigent en pouvoir pour l’unique défense de leurs intérêts particuliers soit communautaires, soit religieux, soit mercantiles. Là aussi, la souveraineté du peuple citoyen est niée.

Dans tout ces cas c’est la souveraineté du peuple citoyen qui est niée, bafouée ou remise en cause mais c’est également l’unité du corps citoyen de la nation, l’unité et l’indivisibilité de la République, l’unité et l’indivisibilité de la citoyenneté et de la souveraineté et enfin l’égalité des droits.

Reconquête de la pleine souveraineté du peuple citoyen partout et pour tous , unité et indivisibiltié de la république, égalité des droits, appropriation collective et sociale de la monnaie, du crédit, de l’économie et des marchés telles sont les objectifs d’une nouvelle révolution républicaine, socialiste et jacobine à réaliser.

Peut êtres devrions-nous envisager un nouveau 10 Août du peuple en insurrection partout et fait par tous ? En tous cas, les républicains socialistes jacobins ne le craigent pas bien au contraire. Ils la mette en perspective ! N’oublions jamais que bien souvent c’est le peuple qui fait l’Histoire ! Chacun devrait s’en souvenir !

Pour finir je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager un court extrait du discours de Robespierre à la Convention le 05 novembre 1792

« Citoyens vouliez-vous une révolution sans révolution ? Mais quel est cet esprit de persécution qui est venu réviser, pour ainsi dire,celle qui a brisé nos fers ? Mais comment peut-on soumette à un jugement certain les effets que peuvent entraîner ces grandes commotions ? Qui peut marquer, aprés coup, le point précis où doivent se briser les flots de l’insurrection populaire ? A ce prix, quel peuple pourrait jamais secouer le joug de la tyrannie ? (…) Non, nous n’avons point failli, j’en jure par le trône renversé, et par la République qui s’élève. »

Vive la révolution ! Vive la République ! Vive la France !  

Maintenant, à propos du 10 Août 1792, j’intègre à ma note une page d’Histoire, de mémoire et de culture révolutionnaires et républicaines réalisée par le Citoyen Thimène et pour finir cette journée historique qui permet à la révolution d’entrée dans une nouvelle phase grâce au peuple qui fait l’Histoire.

Bonne lecture.

Salut et Fraternité.

D-P.

_________________________________________________

Le 10 Août 1792, le Peuple en insurrection s’empare du Palais des Tuileries, le Roi est suspendu et une nouvelle Assemblée constituante est convoquée. Le Peuple fait l’Histoire.

La Prise des Tuileries le 10 août 1792 par Jean Duplessis-Bertaux, Musée du château de Versailles 


Par Citoyen Thimène

Le 10 août 1792, une foule de sans-culottes, renforcée de fédérés, s’emparent du palais des Tuileries où étaient assignés à résidence Louis XVI et sa famille. Au terme d’une journée d’intenses combats, ces derniers sont internés. C’est la fin effective d’une monarchie française millénaire, et la naissance d’une République qui ne dit pas encore son nom.
Cette journée historique est l’aboutissement d’une année d’une rupture grandissante entre le roi et le peuple. C’est ainsi que depuis juin 1791 et sa fuite à Varennes qui le discrédite profondément, le roi Louis XVI est assigné à résidence au palais des Tuileries, sous l’étroite « surveillance du peuple » parisien.
Une rupture qui est en passe d’atteindre son paroxysme lorsque, durant l’été 1792, la France s’attend à une inévitable et imminente invasion étrangère, une invasion à laquelle on soupçonne de plus en plus le roi de montrer de la sympathie. Louis XVI espère en effet, secrètement, recouvrir par le glaive étranger son autorité sans partage. Et il n’hésite pas à mettre son veto à un décret permettant la constitution d’un camp de gardes nationaux fédérés pour défendre Paris. Veto que contournera l’assemblée législative en décrétant le 11 juillet « la patrie en danger ».
Le soupçon qui pèse sur Louis XVI devient une certitude quand, le 25 juillet, une déclaration du duc de Brunswick annonce que les Alliés entreront en France pour restaurer l’autorité royale, investiraient militairement l’Assemblée et la ville de Paris au moindre outrage envers le roi. Cette nouvelle, connue à Paris le 1er août, excite la fureur de ses habitants envers la monarchie et les aspirations républicaines des révolutionnaires.

Ainsi, le 5 août, les sections de Paris exigent, sous la menace d’une insurrection populaire, la déchéance du Roi. L’Assemblée refuse de céder.

Une nouvelle « journée révolutionnaire » se prépare alors. Les sans-culottes parisiens, qui ne supportent plus cette monarchie complaisante envers les envahisseurs étrangers, en seront ses artisans


Le 10 août, à minuit, le tocsin commence à sonner aux clochers de la capitale.
Et dès trois heures du matin, les sans-culottes et les Fédérés se rassemblent à l’Hôtel de ville. Une « commune insurrectionnelle » y est établie, en lieu et place de la municipalité légale.

Ils se dirigent ensuite vers les abords du palais des Tuileries, un palais dont la défense avait été particulièrement bien préparé. Ce sont près de 4000 hommes, gendarmes, gardes suisses et gardes nationaux, qui, en théorie, les attendent de pied ferme.
En théorie car Louis XVI, qui en cette matinée particulière les passe en revue, se rend compte qu’il ne pourra compter sur tous. Si les gardes suisses, fidèles, crient « Vive le roi ! », il n’en va pas de même pour les autres qui crient de leur côté « Vive la Nation ! » voire « A bas le veto ! ». Des bataillons finissent même par tourner leurs canons contre le château et à se placer en position d’attaque.

Face au palais, le roi découvre aussi la foule hostile des Parisiens qui l’accueille sous un tombereau d’insultes. Une foule d’insurgés avec qui fraternisent très vite les gendarmes et une grande partie des gardes nationaux.

Le roi, convaincu alors que la défense du château n’est plus assurable, se résigne, accompagné de la reine et du dauphin, à chercher refuge au sein de l’Assemblée.

Pendant ce temps-là, depuis le bâtiment assailli, les gardes suisses, ses seuls défenseurs, se mettent à tirer sur la foule et abattent plusieurs dizaines d’hommes. La réplique des insurgés ne se fait pas attendre, et la suite est un combat d’une rare violence que gagneront les sans culottes et les soldats ralliés. On comptera ainsi plus d’un millier de morts.

L’Assemblée législative, mise devant le fait accompli, prononce alors la suspension du roi. Elle nomme à la place du gouvernement un Comité exécutif au sein duquel Danton devient Ministre de la Justice. Elle convoque aussi et surtout une « Convention nationale » qu’elle charge de prendre toutes les mesures « pour assurer la souveraineté du peuple et le règne de la liberté et de l’égalité ». Et en vue de son élection, elle instaure pour la première fois le suffrage universel, abolissant le suffrage censitaire et la distinction entre citoyens « actifs » et citoyens « passifs » qui avait cours depuis 17

90.

Le lendemain, la famille royale est emmenée au donjon du Temple. Si la monarchie n’existe plus alors dans les faits, il faudra toutefois attendre le 21 septembre suivant pour qu’elle soit abolie et la République officiellement proclamée.

http://action-republicaine.over-blog.com/

______________________________________________________

Le 10 AOUT 1792 vu par ROBESPIERRE

« Le toscin avait sonné ; les citoyens de toutes les sections s’étaient armés et réunis : les gardes nationales, tout le peuple, la gendarmerie nationale, les fédérés de tout les départements restés à Paris, tous avaient un seul sentiment, un seul but. On distinguait parmi eux l’immortel bataillon de Marseille, célèbre par ses victoires remportés sur les tyrans du midi. Cette armé, également imposante par le nombre, par la diversité des armes , surtout par le sentiment sublime de la liberté qui respirait sur tous les visages, présentaient un spectacle qu’aucune langue ne peut rendre (…). Elle se portait sur le Château des Tuileries où était le foyer de la conspiration tramée contre la sureté de Paris, et une armée de contre -révolutionnaires et de Suisses rassemblés depuis longtemps pour l’éxécution. » (Robespierre, numéro 12 du Défenseur de la Constitution).





Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 31 articles | blog Gratuit | Abus?